La semaine dernière, un jardin urbain a vu le jour à la rue de la Tour, aménagé en grande partie par les habitants. Le projet, intitulé Comm’une Allée Verte, est celui des lauréats du concours Nature en Ville 2018.

Les rues de Lausanne se réaniment peu à peu. Et avec, les projets laissés suspendus ces derniers mois peuvent se remettre en route. C’est notamment le cas du projet de végétalisation de la rue de la Tour, lauréat du concours Nature en Ville 2018, intitulé Comm’une allée verte.

Structure éphémère
Durant quelques jours, plusieurs habitants du quartier étaient réunis pour installer les structures en bois accueillant le jardin urbain, et pour mettre en terre de multiples légumes, fleurs mellifères et plantes médicinales, qui verdiront la ruelle jusqu’au mois d’octobre, puisqu’il s’agit d’un projet éphémère. De plus, certains espaces sont également conçus comme des points d’arrêt, avec une table et des lieux où s’asseoir. Municipale en charge de l’Environnement à la Ville de Lausanne, Natacha Litzistorf est conquise : « Ces innovations urbaines éphémères permettent de tester avec la population ce qui fonctionne ou pas. Cela ne sert à rien d’installer des choses pérennes si elles ne sont ensuite pas utilisées.»

Responsable du projet et présidente de l’association Comm’une allée verte, Samimé Ozem s’est inspirée, lors du dépôt de projet il y a deux ans, des « ruelles vertes » de Montréal. Ayant passé dix-huit mois dans cette ville pour y effectuer une école d’agriculture urbaine, et habituée des projets associatifs, la jeune femme possède une solide expérience croisée concernant les potagers urbains et les processus participatifs.

Samimé Ozem, présidente de l’association Comm’une allée verte et responsable du projet, et Sophie Herzog, architecte. Photo: @Joëlle Misson, www.blackrainbowphoto.ch

Des habitants enthousiastes
Samimé Ozem se réjouit de la participation active des habitants, toutefois limités en nombre la semaine dernière en raison des directives Covid-19 de l’OFSP. C’est qu’elle redoutait que les délais ne soient trop courts pour drainer suffisamment de mains. Les derniers points organisationnels se sont en effet concrétisés en très peu de temps, une fois que la reprise du projet a été possible. Mais les habitants ont répondu présents et  « certains passants, sans être du quartier, se sont arrêtés spontanément pour aider», s’enthousiasme la responsable.

Occupé à jardiner, Soré est ravi de contribuer ce projet : « C’est mon quartier, alors cela me paraît normal de contribuer !» Céline complète : « J’habite ici depuis deux ans, et cette zone semi-piétonne est tout à fait adaptée pour ce projet. Cela permet aussi de rencontrer et d’échanger avec les voisins.»

Un programme inclusif
Mais le projet ne s’arrête pas à la plantation de verdure. Durant tout l’été, les habitants intéressés devront effectuer un tournus afin de procéder à l’arrosage. Et plusieurs événements sont planifiés : il s’agit par exemple d’ateliers intégratifs pour les migrants  – en collaboration avec l’ECAP Vaud – ou éducatifs pour les élèves de l’Ecole de St-Roch. Quant aux récoltes, où iront-elles ? « Chacun pourra se servir », explique Samimé Ozem.

La Rue de la Tour s’est parée de bacs en bois contenant légumes, fleurs et plantes, le tout en permaculture. Photo: Joëlle Misson, www.blackrainbowphoto.ch

Pour Natacha Litzistorf, l’emplacement à la rue de la Tour est aussi un moyen de s’intéresser à une ruelle un peu délaissée, « sans en faire une rue comme les autres mais en mettant en lumière ses qualités», conclut-elle.

Joëlle Misson