LAUSANNE La conseillère communale Sophie Michaud Gigon propose de créer une maison des associations à Lausanne, comme cela existe déjà à Genève ou Neuchâtel. L’idée avait déjà été lancée il y a presque 20 ans.

1500. C’est le nombre d’associations actives en ville de Lausanne, selon les estimations officielles. Un chiffre qui démontre l’importance de ce secteur mais qui engendre des difficultés pour les associations, qui se heurtent souvent à un manque de bureaux ou de salles de réunion disponibles, et à des tarifs trop élevés.

C’est pourquoi l’élue verte Sophie Michaud Gigon a déposé un postulat demandant aux autorités d’étudier la possibilité de créer une maison des associations à Lausanne. Un tel lieu permettrait d’une part de fournir des bureaux pour les employés salariés des grandes associations et mettrait à disposition des salles de réunions en quantité suffisante, et à prix abordables.

Un problème majeur
L’idée n’est pas nouvelle. De telles maisons des associations existent déjà à Genève depuis l’an 2000 et à Neuchâtel depuis 2008. A Lausanne, l’élue Diane Gilliard avait déjà déposé une motion demandant une telle maison des associations en 2001. En 2009, une enquête réalisée par la Direction de l’enfance, de la jeunesse et de la cohésion sociale auprès des milieux associatifs révélait que 57% des associations interrogées avait des difficultés pour trouver des locaux – bureaux, salle de réunion ou conférence – et identifiait ce constat comme un « problème majeur du monde associatif lausannois».

Une étude abandonnée
Un groupe de travail avait donc été nommé pour évaluer la faisabilité d’une maison des associations dans le bâtiment de la Maison du peuple. Mais pour mettre ses locaux à disposition d’un tel projet, le Cercle ouvrier lausannois, la coopérative qui gère la Maison du peuple, avait demandé une subvention supplémentaire de 80’000 francs afin de compenser la perte de revenu locatif. Un montant qui avait été refusé par le Conseil communal. Retour à la case départ pour la maison des associations. Néanmoins, dans un préavis datant de 2013, la Municipalité avait annoncé soutenir un tel lieu sur le principe et affirmé que, pour autant qu’un immeuble susceptible d’être exploité à cette fin était mis en vente, elle ne « manquerait pas d’entamer des négociations en vue d’en faire l’acquisition».

Mutualiser espaces et ressources
Six ans plus tard, qu’en est-il ? C’est ce que souhaite savoir Sophie Michaud Gigon et rappeler à l’Exécutif son engagement de principe. En plus d’une mise à disposition facilitée de locaux, l’élue imagine volontiers un système où les ressources humaines pourraient être partagées entre les associations qui n’ont pas forcément les moyens de se payer des spécialistes (par exemple : juriste ou informaticien). « Mutualiser les espaces et ressources permettrait aussi de créer des synergies pouvant aboutir à des projets communs ou des solutions profitant à tout le monde », indique-t-elle. L’enquête réalisée en 2009 relevait que 81% des associations interrogées était favorable aux avantages que pouvait apporter une maison des associations. Mais le projet resterait à être ficelé totalement. « Il y a des exemples en Suisse et à l’étranger ; cela nous permettrait de bénéficier de cette expérience pour éviter les écueils et développer notre propre concept. »

Joëlle Misson