BOISY-PIERREFLEUR Deux assemblées citoyennes ont déjà réuni de nombreux habitants du quartier afin de prendre à bras le corps les enjeux qui les préoccupent.

Les habitants des quartiers Boisy et Pierrefleur ne veulent pas attendre que les autorités prennent les décisions à leur place. Pour traiter des sujets qui les préoccupent quant à leur lieu de vie, neuf habitants ont lancé des assemblées citoyennes afin de discuter des problématiques qui leur sont chères. Une première assemblée s’est déroulée en juin dernier et a réuni une centaine de personnes. Au mois septembre, la deuxième assemblée, à laquelle une soixantaine d’habitants s’est déplacée, a permis de préciser plusieurs sujets. Des petits groupes se sont crées pour mener à bien les différents projets.

Plusieurs projets en gestation
Parmi ceux en cours d’élaboration, il y a celui de créer une « ruche » dans le quartier, autrement dit, un lieu de collecte de denrées alimentaires locales. Le projet se base sur le modèle de la « ruche qui dit oui », un concept qui a trouvé place ou est en construction dans près de cinquante lieux en Suisse, mais qui est également présent en France ou en Belgique. Tout comme l’agriculture contractuelle de proximité, les fruits, légumes et autres produits sont amenés une fois par semaine par les producteurs dans un point de collecte du quartier où les habitants viennent les récupérer, après avoir préalablement effectué leur commande, souvent en ligne.

Un groupe Jardins et culture s’est attelé à l’idée de recréer une faune et une flore sauvage, et de cultiver une partie des espaces verts du quartier. « Nous avons des étendues incroyables mais qui ne servent à rien, remarque Maximilien, l’un des co-organisateurs de la première assemblée citoyenne. On pourrait les transformer en zones de permaculture ou d’agroforesterie. »

Parmi les autres sujets qui préoccupent les citoyens, il y a la proximité de l’aéroport de la Blécherette. « C’est un réel danger de laisser voler des avions au-dessus d’une zone de population très dense. Autrement dit, pour le bien de peu, il y a le désagrément de beaucoup.» Ou encore la nécessité de limiter la vitesse sur le chemin de Pierrefleur à 30km/h: « Je ne comprends même pas que ce ne soit pas encore le cas alors qu’il se trouve à proximité de deux écoles et d’une APEMS.» Au vu de la floraison des zones à faible vitesse en ville, Maximilien est assez confiant sur les possibilités d’aboutissement de ce projet. Mais il avertit d’emblée ne pas vouloir d’une zone dont le 30km/h se limite aux horaires nocturnes. « Ici, l’enjeu principal et le passage fréquent des enfants. Or ces derniers ne vont pas à l’école à 22 heures.»

S’engager pour son quartier
Derrière toutes ces résolutions se cache un but clair : s’engager pour la question climatique à l’échelle du quartier. D’où le nom de l’assemblée citoyenne, baptisée « Urgence climat Boisy et Pierrefleur ». « Il y a la possibilité de vivre dans un quartier de manière différente. Nous ne sommes pas obligés d’attendre que les initiatives viennent des autorités. Quand on demande aux habitants ce dont ils besoin au lieu d’attendre que d’autres le disent à leur place, cela change la donne.» Une question que les organisateurs ont posé aux habitants lors de la deuxième assemblée, en leur demandant de s’immerger dans Boisy-Pierrefleur dans 10 ans. « Les réponses, qui étaient d’ailleurs intergénérationnelles, se rejoignaient : il était question d’entraide, de nature et de relations», conclut Maximilien. Une troisième assemblée est agendée en novembre.

 

Joëlle Misson