Et si vous invitiez vos amis lors d’une soirée théâtrale qui se déroulerait… dans votre salon ?

Cela vous semble incongru ? C’est pourtant le projet que propose Charles-André Geiser, journaliste et ancien pasteur, auteur d’une quarantaine de pièces de théâtre, du 20 mars au 7 juin 2017, dans toute la Suisse.

Dans cette pièce, il incarne Cornélius, un centenier romain du 1er siècle. Ce dernier fait revivre les événements qui ont marqué la vie de Jésus-Christ, avec un accent spécial sur la période de Pâques. « Cela faisait pas mal de temps que je trouvais sympathique l’idée de présenter une oeuvre théâtrale dans les salons. Je me lance dans quelque chose de totalement nouveau », explique Charles-André Geiser, qui a déjà joué cette pièce à de nombreuses reprises dans différents lieux de rencontre ou églises. « Il n’y a pas de moyen plus accessible pour les gens que de faire revivre ces événements en les jouant directement chez eux.»

Pour mettre au point son personnage, l’auteur s’est inspiré des Evangiles et des centeniers romains dont il y est fait mention : celui au sujet duquel Jésus déclare « je n’ai jamais trouvé une si grande foi en Israël » et celui qui, assistant à la mort de Jésus, affirme « cet homme était vraiment le fils de Dieu ». Afin de donner le plus de crédibilité et de vie au personnage, Charles-André Geiser a effectué plusieurs recherches sur les centeniers romains de l’époque : « Ces hommes étaient choisis pour leur sérieux, ils étaient respectables. Dans le cas de ceux qui sont fait mention dans la Bible, ils avaient également une foi réelle en Jésus-Christ.»

Pour l’habitué des scènes qu’il est, ce nouveau projet présente des avantages indéniables : « Je n’ai besoin ni de micro, ni de décor, ni d’autre matériel. J’arrive chez les gens, et je joue dans leur décor. Et en étant chez les gens, ils choisissent eux-mêmes leurs spectateurs. Ce n’est pas un spectacle lié à une doctrine ou à une église, mon spectacle s’adresse à tous.» Mais comment ce centenier romain parvient-il à interpeller le spectateur au sujet de l’Evangile ? « Le centenier était un soldat étranger ; pour Jésus, il n’y avait pas de frontières d’origines ou de classe, il aimait et prenait chacun au sérieux.»

De cette expérience, Charles-André Geiser espère que « les gens qui inviteront leurs amis auront des occasions de dialoguer sur le vrai sens de Pâques. Nous sommes capables de faire beaucoup de choses dans nos Eglises mais lorsqu’il s’agit de parler aux gens de notre quartier, c’est plus difficile. »

Inviter Charles-André Geiser pour jouer le centenier romain dans son salon coûte 250 francs. Mais l’artiste insiste : « Je ne cherche pas à m’enrichir avec cette expérience ». Hormis les frais qui peuvent en être déduits, cet argent sera consacré à des personnes et des projets dans le besoin.

Joëlle Misson

Publié dans le Christianisme Aujourd’hui, mars 2017

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