GROS-DE-VAUD Créer une monnaie locale pour le district ? Deux habitantes de Fey ont émis l’idée et lancé le processus.

Alors que la monnaie Le Léman, utilisée à Genève et en France voisine, vient de faire son apparition à Lausanne, le Gros-de-Vaud pourrait lui aussi bientôt bénéficier de sa monnaie alternative. Une première réunion s’est tenue le 11 mai à Echallens et a rassemblé une vingtaine de personnes sensibles à la proposition de Marie-Jo Aeby, habitante de Fey, de créer une monnaie locale. Une deuxième séance a déjà eu lieu le 22 juin : les personnes intéressées vont privilégier le contact avec les habitants de la région pendant l’été afin de les informer sur le projet. Marie-Jo Aeby et sa compagne Murielle Lasserre ont bon espoir que ce projet intéresse les commerçants du district.

Priorité à l’économie locale

Une monnaie locale permettrait en effet de « développer la solidarité des acteurs économiques locaux en leur donnant la priorité et de renforcer les liens sociaux dans la région ». Concrètement, les clients peuvent acheter de la monnaie locale avec de l’argent « traditionnel » qui est gardé dans une banque alternative : il est donc possible de le récupérer. Les membres de l’association (commerçants, artisans, entreprises, etc.) acceptent cette monnaie et rendent dans la même devise. «Cela permet à l’argent de rester dans la région », explique Murielle Lasserre.

Récemment, une page Facebook a été créée par Joëlle Cornuz, présidente de la Société industrielle et commerciale du du Gros-de-Vaud (SIC) qui s’est jointe au groupe de réflexion. Concernant un nom pour cette monnaie, les initiatrices avaient premièrement songé au Talent, en référence à la rivière. Mais il semblerait que cette appellation ne soit pas signifiante en dehors d’Echallens et de Chavornay. Les possibilités restent donc ouvertes.

Un bassin de 50’000 personnes

Cette monnaie pourrait potentiellement toucher les 37 communes du district ainsi que quelques communes limitrophes : un bassin de population d’environ 50’000 personnes selon les estimations des deux organisatrices. « L’identité du Gros-de-Vaud est une force car chaque village a ses particularités, la monnaie locale pourrait donc fonctionner.»

Le groupe de réflexion a fixé une prochaine séance le 5 septembre à Echallens, ouverte à tous. Les prochaines étapes consisteront notamment à créer un comité de pilotage formé de professionnels ainsi qu’une association.

Dans diverses régions, comme en Valais ou à Nyon, l’idée d’une monnaie locale fait aussi son chemin. « Cela peut paraître utopique, mais les utopies méritent d’être poursuivies», a conclu Marie-Jo Aeby.

 

Publié dans le Lausanne Cités du 29 juin 2016
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