GROS-DE-VAUD • La qualité du cours d’eau Le Talent laisse à désirer selon les analyses cantonales. Mais les communes s’activent.

Un document publié en début d’année par la Direction générale de l’environnement (DGE), intitulé «De source sûre», révèle que l’état général du Talent est déplorable. La bonne nouvelle, c’est que la DGE, avec les autorités des communes du district et sous l’égide du préfet, ont choisi début juin un mandataire pour mener une étude d’avant-projet afin de déterminer des mesures régionales. L’offre sera présentée aux communes en septembre et, si tout va bien, l’étude commencera en octobre 2016 et durera une année.

Si la qualité biologique du cours d’eau se dégrade à partir d’Echallens elle est ensuite jugée totalement insatisfaisante jusqu’à Chavornay. La première cause, c’est que «le Talent possède un petit débit: il dilue donc plus difficilement les substances chimiques qu’il reçoit», indique Philippe Vioget, chef de la division Protection des eaux à la DGE. En effet, le cours d’eau contient plus de 50% d’eaux usées non traitées en période d’étiage (eaux basses). Conséquence: une surcharge en ammonium et une «concentration inquiétante» en Diclofénac, un anti-inflammatoire présent dans le Voltaren. Ces micropolluants, parmi beaucoup d’autres, sont très faiblement éliminés par les STEP, encore plus avec des celles d’ancienne génération, prévue pour ne traiter que le carbone (comme à de Morrens et Bottens). Mais à l’avenir, il est prévu que toutes les STEPs s’occupent aussi des micropolluants.

Enfin, le bassin versant du Talent est aussi impacté par une forte pression agricole, due aux extractions d’eau pour l’irrigation. Le mauvais état des canalisations n’arrange rien puisqu’il ne permet pas un tri efficace entre eaux usées et eaux claires. Plusieurs STEPs, dont celles de Bottens, souffrent donc d’un excédent d’eau et la qualité du traitement s’en trouve encore amoindrie.

La régionalisation des STEPs prévue par le Canton raccordera celles de Bottens, Eclagnens, Goumoens-le-Jux, Sugnens et éventuellement Bretigny et Morrens à celle d’Echallens, qui sera agrandie et transformée pour le traitement des micropolluants, à l’horizon 2030.

 

Publié dans le Lausanne Cités du 22 juin 2016
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