MOTION • Organiser les élections sur plusieurs dimanches dans les communes à Conseil général? L’idée soulève des avis très différents dans les villages du Gros-de-Vaud.

Dans les villages à Conseil général, le second tour et l’élection du syndic doivent se dérouler le même jour que le premier tour. Selon Claire Richard, députée au Grand Conseil pour l’arrondissement de Morges, cette situation n’a plus de raison d’être et est inégale. Elle a déposé une motion au Grand Conseil pour que cette obligation soit abrogée.
Fête au village

Dans les petites communes du Gros-de-Vaud, certains considèrent cette question cornélienne, à l’image de Christian Wenger, syndic de Boulens (325 hab.): «D’un point de vue démocratique, les tours sur plusieurs week-ends est la meilleure. Mais les élections communales sont synonyme de fête au village et abandonner cette journée serait très délicat.»

À Penthéreaz aussi, (390 hab.) «cela nous gênerait de perdre cette journée festive, car de nombreux habitants souhaiteraient que nous arrivions à la conserver», affirme la syndique Monique Hoffstetter. «Même si la Municipalité n’est pas opposée au principe je ne pense pas que cela changerait beaucoup pour nous car nous n’avons jamais de bataille au second tour», poursuit la syndique.

Ce fut le cas dans de nombreuses communes lors des dernières élections: tous les candidats élus au premier tour, et le syndic élu tacitement. Ce sont aussi celles-ci qui ne plébiscitent pas nécessairement un changement, comme Pailly (530 hab.), Oppens (180 hab.) ou Bournens (370 hab.). «Il y a toujours eu cinq candidats pour cinq sièges, et l’élection tacite du syndic convient parfaitement», soutient Nicolas Brandt, syndic de Pailly.

Choc des générations

De nombreux villages vivent aussi un choc des générations: «Les anciens restent attachés à ce système mais les nouveaux, plus jeunes, ne ressentent pas l’obligation de se trouver au village le jour des élections», confirme Joseph Despont, syndic de Poliez-Pittet (815 hab.) Un sentiment partagé par Jean-Daniel Reymond, syndic de Bettens (560 hab.), totalement favorable à la motion. «Les villages changent et il faut s’adapter.»

Lors des dernières élections, la commune de Bettens n’a pas eu à organiser de deuxième tour. «Mais cela ne se passe pas toujours comme ça. S’il n’y a pas de candidats au deuxième tour, les gens ont à peine une heure pour se décider, ce n’est pas normal.» Un avis partagé par Stéphane Jordan, syndic de Rueyres (270 hab.), où il n’y a eu que 4 candidats pour 5 sièges au premier tour cette année. «Quelqu’un peut aussi se retrouver pris de court s’il récolte des voix au premier tour sans s’être présenté.»

Que les communes se rassurent, avec sa motion, Claire Richard ne souhaite pas imposer un système, elle désire plutôt laisser le choix. «Même si je ne sais pas quelle forme prendra une éventuelle nouvelle loi en la matière, le but n’est pas d’alourdir les procédures des petites communes si la situation actuelle convient.»

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