Emmanuel Moire se produira à la salle Métropole le 13 avril. Rencontre avec un homme sincère qui ne se prend pas la tête.

 

Ton dernier album s’appelle La Rencontre. Rencontre avec qui ?

Ce que j’aime avec « la rencontre » c’est que cela implique toi-même et quelqu’un d’autre. Et nos vies sont ponctuées de rencontres tous les jours. Parfois on en a peur et on se protège. C’est un sujet large et fascinant. J’ai justement une affection particulière pour la chanson qui s’intitule La Rencontre, une piste uniquement instrumentale, ce qui est rare dans un album de chansons. Avec ce titre, l’auditeur peut se projeter sur sa propre « rencontre », se faire sa propre idée, s’évader.

 

Qu’est-ce que la musique représente pour toi ?

C’est mon métier et j’y prends du plaisir, je suis passionné quand je crée et quand je joue. Mais cela a été mon langage depuis tout petit, j’étais un enfant très introverti et la musique a contribué à ce que je m’ouvre et m’épanouisse, elle a fait que j’ai osé être moi-même. La musique est un langage avec lequel j’exprime ce que je ressens, ce que je vois, ce qui me touche.

 

Dans Les Vivants, tu chantes « je ne suis pas ce fils qui fait semblant de peur qu’on le maudisse puisqu’il aime autrement ». Comment cela s’est passé pour toi lorsque tu as annoncé à tes parents que tu étais homosexuel ?

Le jour où il a fallu que je l’annonce à ma mère, j’en ai fais tout un flan. La route jusque chez elle a été le trajet le plus long de ma vie… pourtant ce n’était pas long. Au final ça n’a pas été si difficile que ça car ma mère l’a très bien pris. Moi j’étais hyper stressé, et elle m’a dit « oh, je croyais que t’allais me dire que t’étais malade… » (rires).

 

Que veux-tu faire passer dans tes chansons ?

Je veux juste que cela serve à quelque chose. Ce qui m’importe c’est d’être le plus sincère possible et utile. J’essaie toujours d’avoir une lumière, une ouverture dans mes chansons, même pour des sujets difficiles. C’est une lecture très spirituelle mais je suis un garçon très spirituel. A dix ans déjà je me posais un tas de questions existentielles et c’était embêtant parce que je ne trouvais pas de réponses : pourquoi je suis là, quelle est ma mission ? Aujourd’hui, j’ai trouvé des réponses. Heureusement, parce que j’ai quand même commencé très tôt à me poser des questions ! (rires)

 

Publié dans Lausanne Cités, 30 mars 2016, propos recueillis par Joëlle Misson
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