Le verdict est tombé : votre enfant est surdoué. Qu’est-ce que cela change et comment l’accompagner au mieux ?

Si votre enfant a été diagnostiqué surdoué, vous savez, grâce aux connaissances actuelles, que cela n’a pas forcément à voir avec l’image du premier de classe, passionné de mathématiques. Mais alors qu’est-ce que cela change et surtout que faire pour l’accompagner au mieux ? Quelques pistes avec Monique de Kermadec, psychologue spécialise de la précocité et auteure de L’enfant précoce aujourd’hui, le préparer au monde de demain (Ed. Albin Michel) sorti en septembre 2015.

Une sensibilité hors du commun

La psychologue préconise de ne pas adopter une attitude trop critique vis-à-vis des réactions de l’enfant qui peuvent parfois paraître excessives. «Face à une enfant qui réagit de façon exacerbée, Il faut lui laisser le temps de se calmer et de prendre de la distance avec ce qui a provoqué la surcharge émotionnelle.»

Une grande exigence envers eux-mêmes et les autres

Par ailleurs, les enfants surdoués « ont très peur de l’échec, précisément parce qu’ils mettent la barre très haut, écrit la psychologue dans Le petit surdoué, de 6 mois à 6 ans. Il est donc important pour le parent de le féliciter lorsqu’il essaie et de lui faire comprendre que c’est comme cela qu’on apprend.» Cette exigence peut parfois être mal comprise par l’entourage qui pense «il en fait trop, il n’est jamais content».

Une grande curiosité et une maturité intellectuelle

Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Les petits surdoués sont toujours en quête de détails supplémentaires. Si bien que cela peut poser problème s’ils questionnent les consignes du travail à faire à l’école par exemple. «Mais cela contribue à la richesse de leur connaissance», note Monique de Kermadec.

Les enfants surdoués s’intéressent souvent à des sujets qui sont au-delà de leur âge, «si bien qu’ils peuvent donner à l’adulte l’impression d’être des adultes. Mais n’oublions jamais le décalage entre leur maturité affective et intellectuelle.» L’adulte doit accepter cette double facette – ils sont brillants mais agissent parfois comme des bébés – car l’enfant n’a malgré tout « que son âge ».

Garder le dialogue

Il est difficile, avec un enfant surdoué, de vouloir faire régner une discipline très stricte où il doit obéir «parce que c’est comme ça». L’enfant s’oppose et cela se transforme en rapport de force constant. La clé réside dans le dialogue. «Le petit précoce a besoin de comprendre». Cela ne veut pas dire qu’il doit manquer de cadre, au contraire.  Surdoué ou pas, ses parents sont là pour le protéger, lui apprendre l’essentiel et mettre des limites.»

Et avec les camarades ?

Le premier conseil donné par Monique de Kermadec est de «ne pas négliger le besoin de l’enfant de jouer, d’être à l’aise dans son corps, même si à côté il a des intérêts différents ou un langage plus riche.» Autrement dit, ne pas l’enfermer dans une tour d’ivoire et aider son enfant à se créer des relations d’amitié. «Trop de parents pensent qu’avoir un enfant surdoué sera un problème. Ce n’est pas le cas, il faut trouver quelles sont les forces de son enfant pour lui permettre de s’épanouir.»

 

Joëlle Misson

Magazine Family 2/2016 printemps

 

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