SPECTACLE L’humoriste français qui monte sera à Lausanne le 9 décembre. Rencontre avec un homme autrefois « plus effrayé par les femmes que par les loups.»

 « Bref historique de la femme : en 1970, la libération de la femme… on cherche toujours le con qui a payé la caution ! » Rires, huées, applaudissements… Depuis ses spectacles Haut débit et Très très haut débit en 2008 et 2009, l’humoriste jette son dévolu sur les femmes. Il continue avec Fournisseur d’excès qu’il jouera le 9 décembre à la salle Métropole à Lausanne.

Mais comment un diplômé de droit passe-t-il au one-man show ? Issu d’une famille d’aristocrates, « j’ai choisi le droit par lâcheté. J’avais l’humour dans la peau mais je n’avais pas le courage de faire le pas », lance-t-il. Passionné de magie, il commence à jouer au magicien dans les bars et gagner sa vie grâce à ça. Ce qu’il aime c’est rater les tours. « Cela faisait hurler de rire le public et j’adorais ça. C’est là que je me suis rendu compte que je souhaitais m’orienter dans cette direction, faire rire les gens. »

 

« Tant qu’elle peut faire les soldes ! »

Dans ses sketchs, il lui arrive de fustiger sa femme, et même ses enfants. Est-ce qu’il est marié et père dans la vraie vie ? « Malheureusement oui, ce n’est pas une fiction». Et après le spectacle, ça jazze pas à la maison ? « Tant que je gagne ma vie grâce à elle et qu’elle peut faire les soldes, ça lui va ! »

Lorsqu’on lui lance qu’il est parfois dur avec les femmes dans ses sketchs, il écarquille les yeux : « Il n’y a pas d’ambiguïté dans mes blagues, je joue le rôle d’un con misogyne qui faire rire parce qu’il est con. Après, les gens rient ou pas, chacun ses goûts »

 

« Traumatisé » par les femmes

Mais alors pourquoi cette fixation sur les femmes ? Avoir été élevé dans un milieu très masculin (il a six frères) et strict a donné des idées à ODB : «Cela m’a donné un sujet en or, j’ai exagéré le trait, comme s’il y avait eu traumatisme. Quand j’étais plus jeune, j’étais plus effrayé par les femmes que par les loups. »

Certains lui ont demandé s’il ne risquait pas d’épuiser le public avec la même thématique. « Mais a-t-on déjà reproché à un boulanger de faire du pain tous les jours ? L’exigence est celle du rire. Cela dit, pour le prochain spectacle, je partirai plutôt sur la thématique de la quarantaine.»

En terminant sa tournée en Suisse, ODB a gardé le meilleur pour la fin. « Venir en Suisse c’est une véritable bouffée d’oxygène. Tout me plaît ici ; les paysages, l’art de vivre, l’élégance. C’est très reposant.»

 

PUBLIE DANS LAUSANNE CITES, LE 18 NOVEMBRE 2015, PAR JOELLE MISSON
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