Du 4 au 8 novembre, le Comptoir régional d’Echallens accueille l’association Jorat souviens-toi en tant qu’invité d’honneur. Un coup de projecteur bienvenu pour cette association originale qui vise la sauvegarde des métiers d’antan. Photo: Pascal Desmeules, caissier de l’association et Claude-Yvan Jordan, président. ©Joëlle Misson

PUBLIE DANS LE LAUSANNE CITES, 28 OCTOBRE 2015, PAR JOELLE MISSON

Jorat, souviens-toi… Telle une injonction, le nom de cette association créée en 1983 appelle à se souvenir. Se souvenir de quoi ? Des métiers d’antan, de leurs pratiques et leurs outils, aujourd’hui disparus ou modernisés. Le tout dans une ferme située à Mézières (VD), la Ferme des Troncs, que l’association a aquis il y a presque 20 ans, en 1996.

Une invitation à se souvenir donc, mais aussi à conserver traditions et témoignages du passé. Ainsi, de nombreuses personnes ont donné ou prêté leurs vieilles machines, leurs outils démodés, ou leurs meubles devenus inutilisés ; tables, chaises, lits et berceaux…  « Nous recevons énormément de matériel… Pour l’instant nous utilisons l’écurie pour stocker ce que nous n’avons pas encore trié », explique le président de l’association, Claude-Yvan Jordan.

 

Reconstitution du passé

Ces « cadeaux » ont notamment permis de reconstituer une ancienne maison dans la ferme. Dans cette partie, à part l’installation de l’arrivée d’eau, les boiseries, plafonds et sols sont d’origine. Il y règne une ambiance et une odeur de passé.

D’autres pièces témoignent de cette vie passée. L’atelier, donc le nom d’origine est «la boutique», lieu dans lequel sont fabriqués les outils nécessaires à toutes sortes de métiers : bois, agriculture, tissage… Mais aussi la forge, qui comme son nom l’indique est le lieu approprié du forgeron, ainsi que le fournil, contenant un four à bois et tous les ustensiles nécessaires à la création de pâtisseries.

 

Ecole, bistrot et transports

Depuis cet automne, les membres du comité de l’association ont dégagé un espace pour exposer d’autres pièces. Des coins école et bistrot d’époque ont été aménagés. Au mur, des fourches, herses, râteaux, faucilles… Et une nouvelle partie dont le président ne se montre pas peu fier ; l’espace réservé aux « transports d’antan ». On y trouve une diligence, une chaise roulante, un vélo, une luge…

 

Coup de projecteur grâce au comptoir

Avoir été mandaté comme invité d’honneur du Comptoir Regional d’Echallens n’est pas une petite affaire. Avec un espace de 54m2 à disposition, l’association va déplacer pas mal de matériel sous le chapiteau du comptoir. «Animer notre stand demande beaucoup de travail et la participation de beaucoup de bénévoles. Mais c’est très positif car les gens autour d’Echallens et plus loin ne nous connaissent pas beaucoup», explique Claude-Yvan Jordan.

Lors du comptoir, l’association déplacera sa célèbre machine à bricelets. « Ce n’est pas le plus représentatif de notre activité mais elle attire beaucoup de gens. Et le but c’est que le stand soit vivant», remarque Pascal Desmeules, le caissier de l’association. Sculpture sur bois, fabrication de fromage ou de paniers, tissage ou filage feront également partie des animations présentes au stand de l’invité d’honneur.

 

Vers la galerie de photos de la Ferme des Troncs à Mézières.

 

Exposition et fête annuelles

Chaque année, Jorat souviens-toi organise une grande fête, le temps d’un week-end, sur le thème de l’exposition annuelle, avec marché le samedi. Cette année, l’exposition est consacrée à la dentelle.

Le reste de l’année, l’association – qui a son siège à Ropraz – se déplace dans le canton lors d’événements ponctuels. Elle loue sa salle principale à des particuliers et accueille environ 80 visites de sa « ferme-musée » par an.

L’association compte environ 480 membres. «Mais nous avons de la peine à intéresser les jeunes. Les petits à l’école apprécient de découvrir cet univers pendant une journée mais après cela ne les intéresse plus avant 40 ans», regrette le président.

 

Four à pain en attente

Depuis cinq ans, l’association souhaite construire un grand four à pain sur une place déjà réservée à cet effet. Tous les plans sont prêts, mais l’autorisation cantonale coince. « L’Etat de Vaud n’est pas d’accord car nous sommes en zone agricole. Tant que le plan général d’affectation de la commune de Mézière ne sera pas déposé et approuvé, nous ne pourrons rien faire », commente Claude-Yvan Jordan.

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