Le 12 septembre, nous saurons quelle composition remporte l’adhésion de la population en tant que nouvel hymne national

Drapeau suisse
Sur nos monts quand le soleil… A quel sort sera soumis l’hymne national suisse ? Nous le saurons le 12 septembre.
PUBLIE DANS LE CHRISTIANISME AUJOURD'HUI, SEPTEMBRE 2015, PAR JOELLE MISSON

Lors de la fête nationale du 1er août, vous avez peut-être chanté le Cantique suisse pour la dernière fois. Le 12 septembre, la finale du concours CHymne, lancé par la Société suisse d’utilité publique (SSUP) début 2014, révélera quelle composition aura l’honneur de devenir le nouvel hymne national helvétique.

Ensuite, le Parlement décidera d’accepter, de refuser ou de soumettre au vote populaire l’hymne gagnant. Selon Lukas Niederberger, directeur du projet CHymne, le Conseil Fédéral agira certainement comme en 1961 avec le Cantique suisse: adopter le texte provisoirement pour une «période d’essai». Mais le peuple est en droit de protester avec les outils démocratiques à sa disposition. Donc rien n’est encore joué.

Les chrétiens attachés à l’hymne

Les chrétiens, en particulier évangéliques, sont nombreux à contester ce changement. «Beaucoup d’évangéliques sont attachées à l’hymne parce qu’il a des paroles à caractère religieux et parce qu’ils pensent peut-être que la Suisse est encore un pays chrétien», commente Marc Schöni, pasteur et auteur de La Suisse, une nation chrétienne ? (Ed. RES)

L’hymne suisse ne satisferait-il que les croyants ? Yohan Ziehli, vice-président des Jeunes UDC Vaud à l’origine de la page Facebook Ne changeons pas l’hymne national suisse, ne le pense pas : «Il contient aussi des paroles très fortes pour une personne qui aime son pays.» Pour Lukas Niederberger, ce côté qu’il qualifie de « martial » justifie justement le changement : «Beaucoup ne s’identifient plus au texte actuel.»

Expliquer l’Histoire

Lourd de style ou dépassé par la réalité : deux arguments parmi d’autres avancés par la SSUP en faveur d’un nouveau chant national. Mais Yohan Ziehli est contre « l’idée d’un hymne à la mode. L’hymne n’est pas le représentant de la politique, il doit représenter les valeurs sur lesquelles a été crée la Suisse est être un trait d’union entre ses fondateurs et ceux qui y vivent actuellement.»

Mettre l’accent sur la composante historique, plutôt que sur la pertinence de son caractère religieux pour celui qui le chante aujourd’hui, serait peut-être la seule manière de conserver notre hymne sans froisser les non-croyants.  «Les Français comprennent très bien que les paroles de la Marseillaise sont ancrées dans un contexte historique. Il suffirait peut-être d’expliquer l’histoire», concède Marc Schöni. Il rappelle aussi que l’Allemagne a « modifié » son hymne en ne conservant que la troisième strophe, après la réunification en 1990.

« Dieu demeure dans le nouvel hymne »

Néanmoins, le nouveau texte doit se baser sur le préambule de la Constitution, qui commence ainsi : «Au nom de Dieu tout-puissant». Difficile donc de passer à côté. «Le préambule est un texte très dense où toutes les valeurs principales de la Suisse moderne sont représentées. Théoriquement, Dieu demeure dans le nouvel hymne, mais il est laissé aux auteurs la liberté de le citer explicitement ou non», remarque Lukas Niederberger

Parmi les trois versions finalistes, soumises au vote jusqu’au 6 septembre, l’une fait explicitement mention de Dieu. Une autre conserve le rythme actuel de la chanson. Selon le directeur, cette dernière a plus de chances de rassembler une majorité. Réponse le 12 septembre.

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