Les polices cantonales romandes, de Berne et du Tessin lancent cette semaine leur première campagne annuelle de prévention contre le vol à l’astuce. Grâce au slogan « le premier vous distrait, le second vous détrousse », elles espèrent rendre la population attentive. Reportage en patrouille à la gare de Lausanne avec le personnel de la gendarmerie.

Photo: Valdemar Verissimo
Photo: Valdemar Verissimo
PUBLIE DANS LE LAUSANNE CITES, MAI 2015, PAR JOELLE MISSON

A la gare de Lausanne, le poste de la Gendarmerie installé au bout de la voie 1 passe relativement inaperçu. Mais derrière ces portes opaques se trouve l’antre de la Police cantonale qui dévoue la majorité de son activité aux secteurs ferroviaires. Pour leur première campagne de prévention de l’année, les polices cantonales romandes, de Berne et du Tessin sensibilisent les citoyens aux vols dont ils peuvent être victimes dans la rue. En plus des affichettes qui seront visibles un peu partout, particulièrement dans les gares où les vols à l’astuce sont nombreux, la Gendarmerie surveille le périmètre… en civil, discrétion oblige.

Il est 16h30 et trois gendarmes débutent leur patrouille. « Nous ne nous déplaçons pas ensemble, mais nous communiquons par téléphone ou sms. Cela nous permet de surveiller plus d’endroits à la fois.»

Un exercice délicat

Installés ici à côté d’une caissette à journaux, là sur un banc ou à proximité des commerces, les gendarmes scrutent les environs, l’air de rien. Si le fait de se fondre dans la masse devrait leur faciliter la tâche, l’exercice n’est en réalité pas si simple. Car la prise en flagrant délit n’est pas monnaie courante. «Nous observons beaucoup le comportement des gens, par exemple si une personne traîne à proximité du train sans aller nulle part, si elle entre et sort ou qu’elle redescend juste avant le départ.»

Puisque l’arc lémanique est particulièrement touché par les vols à la tire (pickpockets) ou les vols à l’astuce, la police patrouille également dans les trains. Dans le passage sous voies, Adrien* vient en aide à un homme à terre. Diabétique, celui-ci a fait un malaise et se remet gentiment, le nez ensanglanté par le choc de sa chute sur le sol. « Cela fait aussi partie du métier. Si je vois quelqu’un en situation critique, je me dois d’intervenir. Bien sûr après, je suis démasqué », sourit-il. Pas très grave dans ce cas puisque les trois policiers poursuivront leur patrouille à bord du train régional et à la gare de Montreux.

Les touristes : cible des voleurs

Ici, comme à Lausanne, les touristes sont nombreux. « Ils sont souvent la cibles des voleurs car ils baissent leur garde. Ils voient la Suisse comme un îlot de sûreté où rien ne peut leur arriver », remarque Pierre-Olivier Gaudard, chef de la division de la prévention de la criminalité.

La pluie tombe dru et il fait passablement frais. Posté chacun sur un quai différent, deux des policiers discutent au téléphone. «J’ai repéré une tête connue sur le quai d’en face, mais le train est passé et il avait disparu.» Après quelques recherches, les compères lâchent l’affaire. Il s’est certainement enfui. La surveillance se poursuit.

Une mission qui dépend des opportunités

Et elle ne passe pas que par la vue. L’odorat du gendarme est soudainement titillé par une odeur de marijuana, non loin de là. Les policiers abordent alors le mineur concerné, assis sur un banc, qui les suit la mine dépitée à l’intérieur de la salle d’attente de la gare. Les procédures sont longues, les policiers posent un tas de questions, et gribouillent une tonne de papiers. «Il y a un peu plus de documents à remplir car c’est un mineur, mais quand même ces tâches administratives sont très longues et fastidieuses.»

Il est 19h30 et, de retour à Lausanne, la patrouille s’achève bientôt. Finalement, aucun voleur n’aura été démasqué cet après-midi. «Nous ne pouvons pas prévoir ce qui se passera, et très souvent ce genre de mission se déroule à l’opportunité.»

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