Lausanne emboîte le pas des autres villes suisses en réflexion sur un projet pilote pour une nouvelle réglementation en matière de chanvre.

Ca y est, Lausanne se lance dans les réflexions relatives à un assouplissement de la répression
Ca y est, Lausanne se lance dans les réflexions relatives à un assouplissement de la répression

La ville de Lausanne semble aujourd’hui prête à accueillir une politique plus libérale en matière de drogues. Le 31 mars, le Conseil communal a accepté le postulat, déposé en juin 2014, qui demande que la ville ne «reste pas à la traîne» concernant les projets pilotes de régularisation du cannabis. La quatrième ville de Suisse, jusqu’ici silencieuse, va pouvoir rejoindre Genève, Berne, Zürich et Winterthour dans leurs réflexions sur le sujet.

Un groupe de réflexion
Un groupe de réflexion sur les drogues, à l’instar du comité interpartis genevois, a d’ailleurs vu le jour à Lausanne. Ils se sont rencontrés pour la deuxième fois en février. Le groupe se réunira régulièrement durant 18 mois afin de «d’étudier les différents aspects liés à la consommation et à la politique en matière de drogue», explique Vincent Rossi (Les Verts), qui en est membre. Autre but recherché: «Eclairer le chemin de la commune, afin que cette dernière puisse faire des propositions qui ont des chances d’être retenues.» Par contre, rien ne filtrera de leurs discussions jusqu’à la fin des travaux, lors de la prochaine législature.

Nouvelle approche
Avec le nombre grandissant de pays ou d’Etats qui légalisent le cannabis (dernièrement Washington et l’Alaska) Vincent Rossi pense que «le vent est en train de tourner. Les gens se rendent compte qu’offrir le marché du cannabis aux trafiquants n’est pas la solution.» Pour lui et Hadrien Buclin (La Gauche), autre postulant, les Lausannois devraient être prêts à tester une approche moins répressive de la consommation de cannabis.

Pétition caduque
Au printemps 2014, une pétition demandant la participation de Lausanne aux discussions avait été lancée sur le net. Près d’une année après, seulement 422 signatures ont été récoltées. Méfiance de la population ? Plutôt mauvaise gestion et communication, selon Vincent Rossi. Laurent Pirard, l’un des pétitionnaires, l’avoue lui aussi à demi-mot: «pour l’instant, seul le bouche à oreille a fonctionné: c’est effectivement très lent.» D’autant qu’avec l’acceptation du postulat, cette pétition ne sert plus à rien.

Joëlle Misson
Paru dans Lausanne Cités du 5 mars 2015, mis à jour sur ce blog le 1er avril

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