LAUSANNE • Trois semaines après l’abandon du taux plancher de 1.20 francs pour 1euro par la BNS, le secteur touristique, notamment l’hôtellerie, est l’un des plus touchés. A Lausanne aussi, mais sans panique à bord.

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Le secteur touristique lausannois ressent déjà les effets de la baisse de l’euro. Photo: DR

«C’est un coup de frein assez inquiétant pour la branche», concède ainsi Stefano Brunetti, directeur de l’Hôtel de la Paix et président d’Hôtellerie Lausannoise. S’il refuse de se laisser aller à la panique, il estime toutefois que  l’année sera difficile pour le milieux hôtelier. Ce que confirme Steeve Pasche, directeur de Lausanne Tourisme: «Le moment tombe assez mal. Nous remontions la pente sur les marchés de proximité et nous étions en croissance en 2014. Voilà qui va mettre un gros coup d’arrêt.» Et de préciser: «La clientèle en provenance de la zone euro représente un bon quart du tourisme total lausannois. Sans compter celle qui vient d’ailleurs mais effectuent ses  transactions en euros. La Suisse est déjà une destination assez chère. Cela va être difficile de rester compétitif.»



Réservations en baisse
Les premiers effets ne se sont pas fait attendre. Si les affaires tournent, les hôteliers constatent néanmoins  déjà un ralentissement des réservations. «C’est flagrant en ce qui concerne la clientèle de loisirs», remarque Stefano Brunetti. Autre 4 étoiles de la capitale vaudoise, l’hôtel Continental enregistre quant à lui une baisse des réservations last minute, pourtant très nombreuses en temps normal. Mais pas d’annulations pour ces deux hôtels, contrairement aux stations de montagne, saison oblige.



Anticiper les solutions
Actuellement en basse saison, les hôteliers ont toutefois le temps d’anticiper les beaux jours. Alors que les agences de voyage Kuoni et Hotelplan ont baissé leurs prix, et que même les commerçants y songent, s’agit-il d’une possibilité pour les hôtels? Pas vraiment. Stefano Brunetti pense plutôt à une amélioration du contenu des forfaits. «Nous pouvons apporter plus pour le même prix, ou au contraire enlever des prestations pour que le coût final soit moins cher.» L’élément central étant le prix de la chambre, «il nous est difficile de descendre plus bas» à ce niveau-là.



De son côté, le patron du Continental, Yannick Gerassi- midis, envisage plutôt de continuer à proposer l’ancien taux, même si cela signifie une perte d’argent. Pour lui, pas question de procéder à une variation du contenu des offres: «Avec la concurrence, nous l’avons déjà amélioré énormément. Et nous sommes un 4 étoiles, il y a déjà tout ce qu’il faut.» Le risque selon lui? Que les sociétés logent leurs employés en voyage d’affaire dans des hôtels moins luxueux, par soucis financier.



Derrière la gare, à l’hôtel Gesthouse, c’est simple: «Au vu des fluctuations de l’euro, nous ne les acceptons plus», annonce d’emblée son directeur Christian Elmiger. En revanche, l’hôtel n’a pas enregistré de baisse ou d’annulations: «Comme nous sommes parmi les moins chers, nous avons peu de soucis.»  Reste à voir si cela tiendra.



Joëlle Misson, publié dans le Lausanne Cités du 5 février 2015

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