GROS-DE-VAUD • Alors que la stratégie énergétique à l’horizon 2050 est désormais une des priorités du Conseil National, les petites communes de la région ne manquent pas d’idées en matière de développement durable.
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JOELLE MISSON

 

Qui a dit que le développement durable était plus difficile à appliquer dans les petites communes ? Si aucun village du Gros-de-Vaud ne porte le label suisse «Cité de l’énergie», cela ne signifie pas pour autant qu’il soit mauvais élève en la matière.

En tant que bon chef-lieu, Echallens montre même la voie à suivre: le village est en effet signataire de la Charte d’Aalsborg, établie en 1994 au Danemark, concernant le développement durable. «Cette charte nous contraint à engager un certain nombre d’actions sur le plan énergétique entre autres», explique Jean-Paul Nicoulin, vice-syndic.

Courant janvier, la Municipalité rendra public le plan directeur 2015-2020 en matière de développement durable. L’amélioration de la politique énergétique fait clairement partie des priorités du chef-lieu. A terme, il vise même le label Cité de l’énergie. «Ce n’est pas pour demain, mais ce que nous engageons actuellement entre dans cette perspective».

Proposés par le canton

Dans le canton de Vaud, plusieurs communes ont effectué le CECV: le bilan et concept énergétique mis en place par le Département de l’environnement et de l’énergie. Sur les 37 communes du Gros-de-Vaud, quinze l’ont réalisé et terminé, avec souvent des mesures à la clé. Deux autres, Froideville et Rueyres, sont en processus.

Avec moins de 1000 habitants, Daillens fait figure d’exemple pour les très petites communes du Gros-de-Vaud. Depuis 2012, la Municipalité a créé un fonds de subventions communal pour les actes écolo des citoyens.

Pour cette commune, le bilan du CECV n’a pas été d’une grande aide. «Nous sommes relativement en avance sur les autres communes environnantes», ose la municipale Rita Dolci. Rien n’est pour l’instant prévu dans ce sens, mais elle n’a pas peur d’envisager un tampon Cité de l’énergie pour Daillens à l’avenir.

Pas exempt de difficultés

Pour une si petite commune, cela représente-t-il des difficultés? Pour Rita Dolci, celles-ci se situent principalement au niveau de la gestion des fonds car «nous souhaitons tenir nos engagements et en faire bénéficier tout le monde». Brigitte Dufour-Fallot, conseillère Cité de l’énergie chez Suisse Energie, estime que la politique énergétique n’est pas «la priorité des communes. Cela est d’autant plus vrai pour les petites communes qui manquent de ressources humaines». Autre raison selon elle à ce désintérêt plutôt relatif: le temps disponible. «Je ne pense pas que les Municipalités soient contre un concept énergétique, mais la plupart ont beaucoup d’autres choses plus urgentes à traiter.»

Néanmoins, avec l’amorce de la Stratégie énergétique 2050 au niveau fédéral, et le changement obligatoire dès 2015 de toutes les dernières lampes à sodium et à mercure dans l’éclairage public, peu risquent de faire l’économie de la thématique ces prochaines années.

Publié dans le Lausanne Cités du 11 décembre 2014

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